Mois: février 2014

[Un peu de poésie] Chanson sur le retour du Lynx

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Le Lynx par Ghislaine Letourneur (source : http://www.crea-gl.com/archives/2012/03/15/23726071.html)
Le Lynx par Ghislaine Letourneur (source : http://www.crea-gl.com/archives/2012/03/15/23726071.html)

 

Chanson du CM2 de Weibruch (67), 1987

« Quelque part dans les Vosges, une étrange rencontre : deux yeux noirs perçants, une fourrure douce et mouchetée, qui se faufile entre les arbres, suivie d’une queue bien courte. Parfois surgissent deux oreilles ornées d’un pinceau de poils noirs; sur le sol, une impressionnante empreinte d’un très gros chat. Mais oui, il est revenu le Lynx !

Il est revenu, il est revenu chez nous…
avec ses yeux noirs et son pelage doux.
Toi l’invité de nos forêts, sauras-tu nous faire rêver,
toi, l’invité de nos forêts, nous venons te chanter… »

Source : Encyclopédie des Carnivores de France n°19, Le Lynx boréal Lynx lynx (Linné, 1758) par Philippe STAHL et Jean-Michel VANDEL (Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères, 1998)

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La Cistude d’Europe ou Tortue boueuse

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La Cistude d’Europe Emys orbicularis est un reptile carnivore. Elle figure sur la liste rouge de l’UICN en catégorie NT (Near Threatened) et est donc protégée à ce titre.

Jusqu’au XIXème siècle, elle a occupé de grands territoires dans toute l’Europe, la Russie et la côte nord africaine. Aujourd’hui, elle est en déclin dans toute son aire de répartition et occupe des zones moins étendues. En France, ses populations sont isolées. On la retrouve dans le Centre (Brenne), en Rhône-Alpes (certaines parties de la vallée du Rhône), sur le littoral charentais, en région Aquitaine, Poitou-Charente et sur le littoral méditerranéen et en Corse. Les deux noyaux importants du Midi sont la Camargue (et ses marges) et le massif des Maures.

Répartition nationale de la Cistude d'Europe (source : http://www.oncfs.gouv.fr/Mieux-connaitre-la-faune-sauvage-et-ses-habitats-ru514/Suivi-de-la-cistude-dEurope-en-Auvergne-ar1577)
Répartition nationale de la Cistude d’Europe (source : http://www.oncfs.gouv.fr/Mieux-connaitre-la-faune-sauvage-et-ses-habitats-ru514/Suivi-de-la-cistude-dEurope-en-Auvergne-ar1577)
Répartition de la Cistude d'Europe en France (source : http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/77381)
Répartition de la Cistude d’Europe en France (source : http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/77381)

Identification

La Cistude d'Europe (source : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Emys_orbicularis_galloitalica1.jpg)
La Cistude d’Europe (source : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Emys_orbicularis_galloitalica1.jpg)

C’est une tortue de petite taille, en moyenne 14 cm, au maximum 20 cm.

La carapace est ovale et peu bombée, de couleur vert olive à noir, fréquemment ornée de points ou stries jaunes. La face ventrale, appelée plastron, est plutôt claire avec quelques motifs noirs. La tête, le cou et les pattes sont gris-brun foncés plus ou moins mouchetés de jaune. Le plastron est brun avec un dessus jaunâtre. La queue est assez longue, même pour les femelles, et plus encore chez les jeunes.

Les pattes sont palmées, avec de fortes griffes qui facilitent les déplacements dans l’eau comme sur terre.

Les jeunes individus et les femelles ont les yeux jaunes tandis que les mâles ont les yeux rouges. Les mâles ont aussi une carapace plus plate que les femelles et sont généralement plus petits (et moins lourds : jusqu’à 600g contre 1,3 Kg pour les femelles). Les mâles possèdent une queue presque aussi longue que leur carapace.

Attention à ne pas la confondre avec la Tortue de Floride (Trachemys scripta, espèce introduite et invasive) qui présente des lignes jaunes continues et des taches rouges sur les tempes.

 

Habitats

Bain de soleil pour ces cistudes d'Europe (source : http://www.oncfs.gouv.fr/Mieux-connaitre-la-faune-sauvage-et-ses-habitats-ru514/Suivi-de-la-cistude-dEurope-en-Auvergne-ar1577)
Bain de soleil pour ces cistudes d’Europe (source : http://www.oncfs.gouv.fr/Mieux-connaitre-la-faune-sauvage-et-ses-habitats-ru514/Suivi-de-la-cistude-dEurope-en-Auvergne-ar1577)

On la retrouve dans les zones humides : étangs (préférentiellement), lacs, marais, mares, cours d’eau à faible courant, canaux et fossés enherbés… La Cistude d’Europe affectionne les fonds vaseux des eaux calmes et dormantes, dans lesquels elle se réfugie pour l’hivernation et l’estivation et en cas de danger. Elle recherche également des endroits calmes et ensoleillés (roselières) favorables à la thermorégulation.

C’est un animal très discret et craintif. Il recherche des milieux où le dérangement par l’Homme est faible et dont la végétation en berge garantit une certaine sécurité face aux prédateurs terrestres.

 

Régime alimentaire

Carnivore, la Cistude d’Europe se nourrit principalement d’insectes aquatiques, de mollusques, de crustacés et leurs larves. Occasionnellement elle mange des poissons morts ou malades, des oeufs de poissons et de batraciens, des têtards, des sangsues, etc., et exceptionnellement des oisillons ou des petits rongeurs qu’elle noie.

 

Reproduction

Cistude d'Europe, juvénile (source : http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/77381)
Cistude d’Europe, juvénile (source : http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/77381)

La Cistude d’Europe atteint sa maturité sexuelle tardivement (autour de 10 ans). L’accouplement a lieu en avril-mai, et la ponte (de 3 à une quinzaine d’oeufs) s’étend de mai à juillet sur des sols chauds non inondables, sableux ou sablo-limoneux, bien exposés à la chaleur, à plusieurs centaines de mètres du point d’eau. L’éclosion a lieu 2 à 4 mois plus tard. Les jeunes, très vulnérables, ont 1% de chance de survivre jusqu’à l’âge adulte.
L’espérance de vie de la Cistude est de 40 à 60 ans (plus de 100 ans en captivité).

 

Menaces

La principale cause de la diminution des population de Cistude est le sur-prélèvement par l’Homme (pour la consommation et par capture avec des pièges à poisson de type nasse). Aujourd’hui, elle est menacée du fait de la dégradation de son milieu naturel : réduction des zones humides, dégradation de la qualité des eaux, destruction des pontes lors du travail des sols, curage des fossés, limitation de la végétation aquatique et des roselières. Par ailleurs, elle souffre d’une concurrence sur sa niche écologique due à la Tortue de Floride, qui lui transmettrait également ses propres parasites (information à confirmer). Et enfin, elle est régulièrement prélevée par des promeneurs, inconscients et dans l’illégalité la plus totale.

Attention Cistudes ! (source : http://www.icoflore.com/balades-photos/la-nature-en-boite/)
Attention Cistudes ! (source : http://www.icoflore.com/balades-photos/la-nature-en-boite/)

Sources :
Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cistude
Le Conservatoired ‘Espaces Naturel du Languedoc Roussillon : http://www.cenlr.org/connaissance/la-cistude-deurope#repartition
L’oncfs : http://www.oncfs.gouv.fr/Mieux-connaitre-la-faune-sauvage-et-ses-habitats-ru514/Suivi-de-la-cistude-dEurope-en-Auvergne-ar1577
Document d’objectifs FR7200693 « Vallée du Ciron »

Le piégeage en France

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Piège à loup
Piège à loup (source image : http://ricjasforetmontargis.wifeo.com/maison-de-la-foret-paucourt-montargis-ame-agglomeration-montargoise-et-rives-du-loing.php)

J’apprends récemment qu’il y a des pièges à loups dans la forêt qui borde mon lotissement. Hum ! Charmant… En plus d’être illégal je suppose, cela est peu rassurant : les balades que je fais ne suivent pas toujours les sentiers battus, surtout avec le chien. Et que dire de la sécurité des enfants (et de nous aussi !) ?

Je me suis alors posé la question de la réglementation en matière de piégeage sur le territoire français. Surtout après l’article sur les nuisibles. J’ai donc tapé « loi piégeage France » sur Google pour commencer. Quelle ne fut pas ma surprise de constater l’absence de liens vers le site officiel du gouvernement. Un pauvre pdf de l’oncfs datant de 2007 figure bien en 2ème position, mais c’est tout. Le gouvernement ferait bien de s’occuper un peu de son référencement, et surtout de sa communication d’une manière générale…

Bref. Menant mes recherches, je découvre l’encadrement de la destruction des animaux dits nuisibles (voir la liste complète par département). Voici donc les modalités figurant sur l’arrêté de 2012 :

Pour la Belette Mustela nivalis, la Fouine Martes foina, la Martre Martes martes et le Putois Mustela putorius :
– piégeage toute l’année uniquement à moins de 250 m d’un bâtiment ou d’un élevage ou sur des terrains consacrés à l’élevage avicole ou apicole pour la Martre,
– piégeage autorisé également sur des territoires désignés dans le schéma départemental de gestion cynégétique où sont conduites des actions visant à la conservation et à la restauration des populations de faune sauvage nécessitant la régulation des prédateurs (une totale aberration selon moi),
– destruction par tir sur autorisation individuelle délivrée par le préfet (cas particulier, voir aussi dates dans l’arrêté).

Pour le Renard Vulpes vulpes :
– piégeage toute l’année en tout lieu,
– enfumage autorisé avec des produits non toxiques,
– peut être déterré avec ou sans chien,
– destruction par tir sur autorisation individuelle délivrée par le préfet (cas particulier, voir aussi dates dans l’arrêté).

Pour le Corbeau freux Corvus frugilegus et la Corneille noire Corvus corone corone :
– piégeage toute l’année en tout lieu (appâts carnés interdits dans les cages à corvidés),
– tir autorisé (dates à consulter dans l’arrêté) sans être accompagné de chien dans l’enceinte de la corbeautière ou à poste fixe matérialisé de main d’homme, avec prolongation de la période sur autorisation individuelle délivrée par le préfet (voir conditions dans l’arrêté), tir interdit dans les nids.

Pour la Pie bavarde Pica pica :
– tir sur autorisation individuelle délivrée par le préfet (cas particulier, voir aussi dates dans l’arrêté) à poste fixe matérialisé de main d’homme, sans être accompagné de chien, dans les cultures maraîchères, les vergers et sur les territoires où, en application du schéma départemental de gestion cynégétique, des actions visant à la conservation et à la restauration des populations de faune sauvage et nécessitant la régulation des prédateurs sont mises en œuvre. Le tir dans les nids est interdit.
– piégeage toute l’année dans les zones définies précédemment.

Pour le Geai des chênes Garrulus glandarius :
– piégeage  du 31 mars au 30 juin dans les vergers et du 15 août à l’ouverture générale dans les vergers et les vignobles,
– tir sur autorisation individuelle délivrée par le préfet (cas particulier, voir aussi dates dans l’arrêté) à poste fixe matérialisé de main d’homme, sans être accompagné de chien, tir dans les nids interdit.

Pour l’Etourneau sansonnet Sturnus vulgaris :
– piégeage toute l’année en tout lieu,
– destruction à tir (dates à voir dans l’arrêté), avec prolongation de la période sur autorisation individuelle délivrée par le préfet (voir conditions dans l’arrêté), à poste fixe matérialisé de main d’homme, sans être accompagné de chien, dans les cultures maraîchères et les vergers et à moins de 250 mètres autour des installations de stockage de l’ensilage. Le tir dans les nids est interdit.

La destruction des animaux classés nuisibles peut être faite à l’aide de rapaces utilisés pour la chasse au vol sous réserve du respect des dispositions de l’article R. 427-25 du code de l’environnement et des arrêtés du 10 août 2004 susvisés.

En cas de capture accidentelle d’animaux n’appartenant pas à une espèce classée nuisible, ces animaux sont immédiatement relâchés.

Très bien. Voici donc une liste sensée être exhaustive des modalités de destruction des nuisibles. Je suis étonnée de constater l’absence du Vison d’Amérique pourtant classé nuisible, de même que le Ragondin, le Rat musqué, etc. De plus, cet article n’apporte aucune précision quant aux modalités de piégeage. Pourtant, il me semble que certaines pratiques sont interdites (les appâts toxiques par exemple).

Poursuivant mes recherches, je trouve un autre document de l’oncfs qui nous renseigne sur les pouvoir du maire en matière de chasse. Notamment pour le piégeage : le maire a l’obligation de recueillir la déclaration sur le registre ad hoc, il appose le tampon de la mairie sur cette déclaration, en remet un exemplaire au déclarant et affiche un second exemplaire. Cet affichage a pour but l’information des habitants de la commune sur l’emplacement de la zone de piégeage.

Revenons au fameux pdf de 2007 qui apparaît en première page de Google, vous vous rappelez ? Et bien là dedans on peut lire que depuis 1988 de nombreuses évolutions concernant les pièges sont intervenues, avec notamment :

– la suppression des pièges à mâchoires (ce qui confirme bien l’illégalité des pièges à loups),
– la période de destruction des animaux nuisibles est calée sur la période de référence de la chasse (1er juillet au 30 juin de chaque année),
– toute personne qui utilise des pièges doit être agréée par le préfet (après avoir suivi la formation nécessaire),
– la réduction dans toute la mesure du possible des souffrances endurées par les animaux piégés,

Loup meurtri par un piège cruel
Loup meurtri par un piège cruel (source image : http://www.reportage.loup.org/html/ecologie/persecutions.html)

– la sélectivité du piégeage par des méthodes de capture réversibles (pour relâcher l’animal capturé si ce n’est pas celui qui est visé) ou des pièges homologués qui ne permettent que la capture de l’espèce recherchée,
– l’innocuité du piégeage vis à vis des personnes et des animaux domestiques (pièges sélectifs, emplacement des pièges, publicité des opérations de piégeage par signalisation sur le terrain et déclaration en mairie).

Au final, l’information concernant la législation en matière de piégeage en France est bien disponible en effet sur le site de l’ONCFS, mais il faut prendre son temps pour la trouver, la décortiquer, et la synthétiser. J’aurais aimé proposer ici une bibliothèque photographique des différents pièges autorisés, mais j’ai peur de ne pas être exhaustive dans ce travail de synthèse. Aussi, si vous tombez sur un piège lors d’une promenade en forêt par exemple, je vous conseille de le prendre en photo, de rechercher un panneau signalisant la présence de pièges, et de vous référer aux conditions obligatoires que doivent remplir les pièges en France, à savoir leur sélectivité et leur innocuité vis à vis d’autres espèces que celle visée. En cas de doute, contactez l’oncfs qui est en charge de l’application de cette réglementation.