Le loup, vrai faux problème du pastoralisme

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Loup, pour en finir avec les contre-vérités

Le 20 décembre 2012 dix associations publient un document visant à démentir une bonne fois pour toute les accusations portées à tord contre le loup. Intitulé « LOUP Pour en finir avec les CONTRE-VERITES sur le pastoralisme et la chasse » (disponible ici), ce texte d’une dizaine de pages s’attaque aux à priori les plus courants.

Il est intéressant de rappeler ici certains faits liés au pastoralisme.

Lorsqu’un animal est retrouvé mort, une enquête est menée afin de déterminer si le loup est impliqué dans le décès. Si c’est le cas, ou bien si on ne peut pas exclure cette hypothèse (dans le doute comme on dit…) l’éleveur est indemnisé. Certes, le préjudice moral n’est pas pris en compte. Mais rappelons tout de même que les bêtes sont destinées à l’abattoir (et nous ne parlons même pas des conditions de transport et d’abattage)…

La majorité de la perte de brebis n’est pas due au loup mais à d’autres facteurs contre lesquels les lobbies ne peuvent rien : maladies, parasitisme, chutes, disparitions dans les estives, chiens errants… Les pertes attribuées au loup (y compris celles dont le doute est maintenu mais qui bénéficient, je le rappelle, à l’éleveur) s’élèvent au maximum à 0,6% par an depuis 10 ans dans les secteurs concernés. Mais l’impact psychologique reste élevé dans notre pays…

Rappelons que d’autres aides sont mises en place afin d’aider les éleveurs à lutter contre cette prédation : garde des troupeaux, clôtures, chiens de protection type patou… Bref, des pratiques évidentes à une autre époque, où nos aïeux avaient l’habitude de côtoyer tous les animaux sauvages présents sur leur lieu de travail.

L’élevage ovin en France subit une grave concurrence internationale : l’agneau britannique, irlandais et néo-zélandais coûte bien moins cher. En outre, de moins en moins de consommateurs achètent de la viande ovine. Le cheptel français s’est vu réduit d’un tiers en 20 ans, concentré en exploitations de plus en plus grandes, avec moins de main d’oeuvre (donc moins de surveillance des troupeaux). Ces difficultés étaient déjà bien présentes dans la filière avant le retour (naturel, rappelons-le) du loup en France. Le problème est donc clairement ailleurs.

Pour enfoncer le clou, prenons l’exemple de l’Espagne qui est autosuffisante à 116% avec ses 2000 loups, et l’Italie à 67% avec ses 600 à 900 loups. La France, elle, n’est autosuffisante qu’à hauteur de 51%. De plus, les régions les plus en difficulté sont exempts de ce prédateur si terrorisant. La PACA est celle qui s’en sort le mieux, avec son loup présent depuis une vingtaine d’années. De là à faire une chouette corrélation entre la présence du loup et la réussite de l’élevage ovin…

Le loup sert de bouc-émissaire à l’Etat pour calmer quelques excités de la gâchette. Il n’est ni le problème des troubles que connaît la filière ovine, ni le responsable de tous les maux qu’on voudrait bien l’accuser. Il sert d’écran de fumée tout simplement, pour cacher les réelles difficultés du pastoralisme français.

Ceux-là même qui prétendent défendre le pastoralisme en France en s’attaquant au loup ne font que se tromper de cible, et, ce faisant, scient la branche sur laquelle ils sont assis.

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6 réflexions au sujet de « Le loup, vrai faux problème du pastoralisme »

    Desperate Houseweasel a dit:
    22 octobre 2013 à 8:29

    Bonsoir ! Je suis contente de voir s’ouvrir un blog traitant de ces animaux!

    J’ai sous les yeux un beau livre intitulé « Le loup ». Je l’avais acheté en librairie il y a au moins 10 ans et je l’ai toujours ! Le loup est un bel animal et je rêve d’en voir un jour. J’ai de la chance, je suis en PACA et il y en a (au moins un loup solitaire qui a été vu dernièrement!).
    Je ne m’attarderai pas sur les attaques de troupeaux attribuées aux loup, je risquerai de me lancer dans une polémique et vous résumez déjà bien la situation.

    Une petite panthère noire a aussi été repérée pas très loin de chez nous, mais malgré les photos et les empreintes relevées, personne n’a pu l’attraper.
    Je ne sais pas si on a encore des lynx, mais il y avait quand j’étais petite…
    Les renards aussi, ils sont discrets mais mon compagnon en a trouvé un petit la semaine dernière… écrasé par une voiture… (J’ai un très beau souvenir d’enfance avec un renard)

    Par contre, pour les ours, on repassera !
    Déjà que les loups et les renards ont du mal à se faire accepter…

    Merci pour ce bel article, et bonne continuation !

    Marion - Le Monde des Loups a dit:
    27 octobre 2013 à 8:45

    Je copie cet article =)

    carnivoresetalors a répondu:
    29 octobre 2013 à 9:31

    Aucun problème Marion, à condition de citer la source bien sûr ! 😉

    Marion - Le Monde des Loups a dit:
    15 novembre 2013 à 10:55

    On ne peut pas poster de commentaire sur Ours et Guépard…

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